ALEXX & THE MOOONSHINERS - Live (2011)

 

Titles :

01- Whole lotta Rosie
02- Which way
03- True love
04- Brand new Cadillac
05- Runaway
06- He's tuff
07- Little green
08- On est des Mooons

Personnal :

Alex Wokenschroll : chant
Lionel Riss : guitare
David Braud : basse
Aurélie Simenel : batterie

J'ai accueilli avec plaisir ce Live des Mooonshiners dans la pile des chroniques à fournir pour RTJ. J'avais en effet bien apprécié leur prestation au dernier Festival de Charmont. Restait à savoir si la galette était à la hauteur des prestations scéniques du groupe...

En fait, j'ai retrouvé toutes les qualités du combo navigant quelques part entre blues et rock, entre Stray Cats et Fabulous Thunderbirds, quelquefois funky aussi, quelques uns de ses petits défauts également. Ce disque possède donc d'abord la grande qualité d'avoir su saisir l'essence des remarquables prestations du groupe sur scène. Autant dire qu'on ne risque pas l'ennui à son écoute. Dès le début on vous met dans l'ambiance. Vous avez bien lu, le premier titre de l'album est bien une reprise d'AC/DC, mais dans une version sautillante, presque rockabilly, qui démontre qu'un grand titre peut aussi subir des avatars sans perdre de sa cohérence. Pensez aux Hayseed Dixies et au traitement qu'ils font subir aux grands titres du rock... En tous cas, nous voici ici nantis d'une Rosie aux relents de Stray Cats, et ma foi ça ne lui va pas mal du tout. Et ça enchaîne sur le titre le plus funk, une compo originale («  Which way »), preuve que le groupe n'a pas qu'une seule corde à son arc, mais franchement, là où je trouve que le groupe excelle, c'est quand il démarre sa machine à rock'n roller qui lui fait engendrer des « True Love » et des « Little Green » (autre original) absolument irrésistibles! Le reste est à l'avenant, ou presque, avec une version empressée, fébrile même, emballée dans l'urgence du « Brand new Cadillac » de Vince Taylor, et une version féminine bien envoyée de « He's tuff » du « She's tuff » des Fabulous Thunderbirds, très à l'honneur au répertoire. Une approche plus sensuelle habille « Runaway », un blues original, et toujours on a cette formule magique mariant la voix et la présence très vivante d'Alex avec la guitare endiablée de Lionel Riss, sur un fond rythmique à la fois solide et technique. Notons tout de même que l'enregistrement, de 2010, a ici capturé la batterie d'Aurélie Simenel, remplacée depuis, et en particulier à Charmont, par Rodolphe Perroquin. Alex, comme d'habitude, essaie aussi entre deux cabrioles et deux couplets de mettre de l'ambiance avec sa gouaille habituelle (et y réussit), mais aussi de faire participer le public et si cela passe plutôt bien sur le titre de clôture « On est des Mooons », sur d'autres titres cette insistance frôle quelquefois la démagogie. Cela peut agacer, mais ça passe assez vite. Opinion personnelle, je préfère les sets bien assénés axés sur la musique des artistes plutôt que sur les braillements de l'assistance...

Titre de clôture ? Ah, vous aussi vous avez remarqué? Huit titres, dont la plupart sont des missiles, certes joliment envoyés, mais qui ne connaissent pas le développement chronologique prisé par les groupes de « jam rock », finalement ça fait peu, et comme on a pris plaisir à l'écoute, on en redemanderait bien un peu plus. Il y a un titre caché, peut-être, en rappel, comme dans un vrai show? Ben non ! Dites, M. Catbury... si vous retrouvez un titre ou deux à traîner dans un coin du studio, ça pourrait bien compléter l'album, non?

En attendant une deuxième version complétée de titres bonus (enfin si le groupe en a les moyens, et en ces temps si rudes pour les artistes...), voilà un album qui vous procurera un (trop court!) moment de bonheur, et si par hasard vous avez comme moi un jour apprécié l'efficacité et le dynamisme non dénué de fantaisie de ce groupe sur scène, n'hésitez pas à vous procurer cet album : il vous remettra en mémoire quelques bons souvenirs de concert et il ramènera la sensation du plaisir que l'instant vous avait procuré. Thérapeutique !

Y. Philippot-Degand