BLIND WILLY: Willing To Crawl (EP)

Titles
1. Living the Blues 4:09
2. Willing to Crawl 3:44
3. My Little Feelgood 3:29
4. Leave the Light On 4:38
5. Sweat 4:01

Personnal :
Doug Jones (Vocals/Guitar/Harmonica)
James Cook (Bass/Backing Vocals)
Derek Mixon (Drums)
Johnny Neel (Keyboards),
Joanna Cotten (Backing Vocals)
Chris West (Sax)
Adam Jones (Trombone)
Dan Cohen (Guitar on My Little Feelgood).

Le nom inconnu et assez peu ronflant du groupe rappelle quelques vieux bluesmen, ce n'est qu'une petite galette à cinq titres, mais dès qu'on jette un œil sur les crédits clairement affichés sur la pochette, on se dit qu'il serait peut-être opportun d'aller voir ce qui s'y passe. Autour du producteur Doug Jones qui participe à l'écriture de tous les morceaux et qui assure le chant solo, les guitares et l'harmonica, on remarque en effet une belle brochette de potes venus l'aider à écrire les morceaux du disque : rien de moins que Chris Anderson (Living the Blues), Angie Commons (Living the Blues/Leave the Light On), Joanna Cotten (Living the Blues/Sweat), Tommy Polk (Willing To Crawl), Johnny Neel (My Little Feelgood/Leave the Light On), Daryl Burgess (Sweat), Mike Cullison (My Little Feelgood), et Buffy Larsen (Leave the Light On), excusez du peu ! Les sudistes auront tout de suite remarqué les présences de Chris Anderson, membre de Blackhawk et Outlaws, qui a aussi écrit pour de multiples autres groupes sudistes (Grinderswitch, ABB, Lynyrd...), et de Johnny Neel (ABB, W.I.N.D.) qui assure de plus les claviers sur l'album. Avouez que ça excite la curiosité !
Alors voyons ce que ça vaut, tous ces talents assemblés... Je suppose que ça n'étonnera personne si j'avance que ce disque respire le blues et le rhythm'n blues, que l'interprétation sans faille est bien soutenue par la production et que chacune des cinq compositions fonctionne parfaitement dans son style. Eh bien ne soyez pas étonnés, c'est effectivement le cas ! «  Living the Blues », amorcé par un harmo typique mérite bien son nom, rien de révolutionnaire, mais un travail impeccable rehaussé, comme sur tout l'album par les choeurs de la chanteuse country Joanna Cotten, qui coécrit aussi ce morceau et le dernier de l'album. Dès le début, ça tourne gentiment -tempo modéré oblige- mais terriblement rond avant de faire place au plus majestueux « Willing to Crawl » qui ne déparerait certainement pas dans un album des Allman, et qui a par ailleurs déjà été utilisé dans la série « True Blood », la série TV sur des vampires se nourrissant de sang synthétique... Jones sort la wah-wah, et lui et Johnny Neel nous emmènent vers des rivages familiers de nos oreilles sudistes. Par contraste, le titre suivant, bien soutenu par les vents, semble bien traditionnel dans le style bluesy, mais sur son rythme chaloupé le charme ne tarde pas à agir et à nous entraîner en compagnie de Dan Cohen dans un bar honky-tonk de la Nouvelle Orléans, histoire de faire un peu la fête comme on sait la faire là-bas.
D'un titre à l'autre, les ambiances varient considérablement, car « Leave the Light On » emporte la palme du « slokitu » en forme de prière exsudant la soul par tous les pores. Outre une partie vocale irréprochable, Doug Jones y excelle à la guitare, tout en délicatesse, et se renvoie la balle avec un Johnny Neel tout aussi brillant à l'orgue. Avec ça mes cocos, si vous n'emballez pas votre cavalière, c'est que ce n'est vraiment pas votre soir ! Cet EP se termine par un titre qu'on peut lui aussi retrouver sur nos écrans, puisqu'il figure dans les inénarrables « The Dukes of Hazard – The beginnings », et dont le tempo entêtant permet aux musiciens de poser un arrangement solide aux limites entre soul, rhythm'n blues et funk : ça roule, ça, coco ! Les saxes de Chris West y brillent particulièrement, et l'ensemble fait plutôt figure d'une locomotive propre à entraîner un maximum de personnes sur la piste de danse. On sort de là détendu, juste un peu frustré par la brièveté du menu. C'est sûr que si ce ballon d'essai se transformait un jour en CD complet, on ne ferait pas la fine bouche ! En attendant, il faut se contenter d'un EP qui tient fichtrement la route pour ceux qui apprécient le genre. A quand la suite ?
Y. Philippot-Degand