ELVIN BISHOP
The Blues Roll On (CD - 2008)

Titles:
1. The Blues Rolls On (with Warren Haynes & Kim Wilson)
2. Night Time (with John Nemeth & Angela Strehli)
3. Yonders Wall (with Ronnie Baker Brooks & Tommy Castro)
4. Struttin’ My Stuff (with Derek Trucks & Warren Haynes)
5. Keep a Dollar In Your Pocket (with B.B. King)
6. Who’s The Fool (with John Nemeth & Kid Andersen)
7. Black Gal (with R.C. Carrier & Andre Thierry)
8. Oklahoma
9. Come On In This House (with Homemade Jamz Band)
10. I Found Out (with John Nemeth, James Cotton & Angela Strehli)
11. Send You Back To Georgia (with George Thorogood)
12. Honest I Do (with John Nemeth)

A partie du 23 septembre 2008, tout à chacun pourra se précipiter chez son disquaire préféré pour acquérir ce disque. Quelque part, cet album ressemble dans son concept au "Deuce"
de Charlie Daniels, mais cette fois-ci avec une orientation clairement étiquetée "Blues", comme l'indique son titre : on fait venir en studio des invités prestigieux et très professionnels pour reprendre avec eux quelques classiques du genre : Junior Wells (“Come On In This House”),
The Butterfield Band (“Yonders Wall”), Hound Dog Taylor (“Send You Back To Georgia”),
Jimmy Reed (“Honest I Do”), sans oublier de se servir un petit paquet de royalties au passage
avec quelques titres originaux (incluant entre autres le bien connu “Struttin’ My Stuff”, comme par hasard son seul hit en solo dans les seventies!). Nous avons donc là visiblement un disque à hautes visées commerciales, ce qui, il faut bien l'avouer, ne ferait pas de mal pour la reconnaissance de l'énorme talent d'Elvin, encore trop méconnu, en particulier dans nos contrées.
Pourtant, il ne faudrait pas en déduire que cet album ne vaut pas la peine d'être écouté, au contraire même! En une douzaine de titres, un peu aussi à la façon de P. Verbeke et de sa Bluesographie, Elvin nous balade avec talent, et au gré de ses invités, dans une grande variété d'écoles du blues, du classique shuffle guilleret avec harmo et slide ("The Blues Rolls On") à l'imposant blues lent, carré et implacable en mode majeur ("Come On In This House"), en passant par l'inspiration gospel perceptible dans des chœurs quelque peu "dévoyés" ("Night Time"),
le côté chicagoan avec slide (par Elvin lui-même, et croyez-moi, il sait y faire) et cuivre (trompette) ("Yonders Wall"), la tendance funky (“Struttin’ My Stuff”), une petite discussion avec un monstre sacré suivi d'un swing monumental ("Keep a Dollar In Your Pocket"), le morceau peinard pour se pencher sur les déboires sentimentaux ("Who’s The Fool"), la couleur tranquille du marais cajun, avec accordéon et cuillères ("Black Gal", une réussite!), l'incantation au son un peu crad', entre la façon du père Hooker et certains rocks sudistes (l'autobiographique "Oklahoma"), le feeling aussi assez sudiste, style "Train I Ride", avec sax et harmo à la clé ("I Found Out"), le boogie tendant carrément vers le rock'n roll, assorti d'un superbe solo de slide ("Send You Back To Georgia"), et même un instrumental, lent et implacable, en mode mineur cette fois, prétexte à un dialogue
entre harmo et slide, dialogue scandé ici et là par un terrible coup de cymbale!
Et voilà, le père Elvin vous a emmené au pays du blues et vous y a fait voyager sans même que vous vous en rendiez compte, et sans vous ennuyer une seconde, au milieu de titres à l'interprétation irréprochable. Les invités (un bottin mondain du blues!) se révèlent de plus être
de parfaits convives et apportent à l'ouvrage tout leur savoir-faire. Si c'est pas beau ça, hein? Alors, prêt(e)(s) à embarquer? En ce cas, allez prendre vos billets, vous ne le regretterez pas!
Y. Philippot-Degand